L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°64

Publié le par christian

L’unité ? De qui ? Avec qui ?
Quinze travailleurs repris sur 283 ! Et le ministre Estrosi ose évoquer « la reprise d’une part de l’activité de Molex » par le fonds d’investissement américain HIG ! Un délégué CGT proteste : « Qu’est-ce qu’on va dire au reste des 283 salariés ? » Il a raison. Depuis des semaines, les travailleurs de Molex s’entendent promettre qu’avec l’appui du gouvernement, l’emploi serait sauvé. Rencontres au plus haut niveau, déclarations des uns, des autres... Tout cela pour ça !
Faut-il s’en étonner ? Comme tous les fonds de pension, HIG n’est intéressé que par un résultat : le retour sur investissement. Quant au gouvernement, n’a-t-il pas offert 420 milliards d’euros aux banques et aux spéculateurs, permettant l’actuel rebond boursier sur la base de la destruction de près d’un million d’emplois sur l’année ?
Que la classe capitaliste et le gouvernement défendent les intérêts capitalistes, c’est dans l’ordre des choses. Mais qu’en est-il de la classe ouvrière ? A la Fête de L’Humanité, Patrick Le Hyaric a déclaré, au nom de la direction du PCF : « Nous sommes plus de 600 000. Si le peuple de L’Humanité est venu ainsi en masse, c’est parce que toutes et tous, nous recherchons l’unité. »
L’unité ? Indiscutablement, c’est une aspiration de millions de travailleurs. Mais l’unité de qui, avec qui ? L’Humanité rend compte du débat entre Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, Frédéric Saint-Geours, président de l’UIMM (patronat de la métallurgie), et François Pérol, P-DG des Banques populaires-Caisses d’épargne, nommé à ce poste par Sarkozy. «  La crise va durer encore au moins un an, avec (...) la poursuite de la croissance du chômage », annonce le dirigeant de l’UIMM, pour qui « le plus gros problème de l’industrie française est de comprendre pourquoi elle est moins compétitive que celles des autres pays ». Il faudrait donc exploiter davantage encore la force de travail  ? Perol, lui, préconise qu’on donne des moyens au « système bancaire » pour qu’il « finance de nouveau les entreprises ». Et Le Duigou ? Il déclare : « Il existe un point d’accord entre nous, la France ne peut pas vivre sans industrie. » Quel travailleur ne voit pas que, tous les jours, la classe capitaliste, pour préserver ses intérêts, détruit en masse des secteurs industriels jugés non productifs  ? Pourquoi prétendre le contraire ?
Le journaliste de L’Humanité suggère de « réformer le Code du travail afin de permettre aux salariés d’avoir un droit de regard sur la gouvernance de l’entreprise ». Il faudrait que les salariés participent eux-mêmes à définir les plans de licenciements ?
Le représentant de l’UIMM saute sur l’occasion pour donner en exemple « la charte automobile », grâce à laquelle « l’ensemble des acteurs participent à la gestion des problèmes de cette industrie  ». Et que répond Le Duigou ? « Il faut savoir dans quelles conditions les salariés pourront faire des propositions qui pèseront sur les décisions stratégiques et quels seront les moyens mis à disposition des salariés pour réaliser ces propositions. » Alors, l’unité ? De qui ? Et avec qui ?
L’unité avec la classe capitaliste ne peut avoir comme résultat que d’associer les travailleurs et leurs organisations à leur propre destruction.
A quoi il convient d’opposer l’unité contre la classe capitaliste. Celle-ci, à Molex comme dans tout le pays, ne peut se réaliser que sur un point qui délimite l’indépendance de la classe ouvrière : l’interdiction des licenciements.
Daniel GLUCKSTEIN
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