Appel du Conseil fédéral national

Publié le par christian

La levée en masse du peuple tunisien contre la famine provoquée par la hausse des prix et contre la répression a chassé le dictateur Ben Ali.
Après la gigantesque manifestation de Dublin en Irlande et les grèves générales de Grèce, du Portugal et d’Espagne contre les plans dictés par le FMI et l’Union européenne, après le puissant mouvement de grèves et de manifestations contre la réforme des retraites en France, la réplique des peuples s’intensifie.
Elle répond à la véritable guerre engagée par le capital financier pour préserver ses profits, cassant le coût du travail et détruisant les emplois, les salaires, les services publics, les acquis de l’humanité.
Au point qu’un commentateur avisé, défenseur du système capitaliste, évoque publiquement « l’apocalypse de la dette » d’où «  viendra la prochaine grande crise. Une crise qui pourrait emporter jusqu’à la démocratie. » Il évoque « un choc d’une violence inouïe », une situation où les fonctionnaires « ne seraient pas payés pendant des mois » et où l’Etat « larguerait au privé des pans entiers d’activités devenues largement publiques comme l’éducation ou la santé ». Bref, une «  faillite à venir des Etats modernes » (mensuel des Echos).
Mais le soulèvement en Tunisie démontre, une fois de plus, la capacité des travailleurs et des peuples à prendre en mains leurs propres affaires.

L’année 2010 s’est achevée en France sur l’adoption de la contre-réforme des retraites, rendue possible par le refus des dirigeants de « l’intersyndicale » d’appeler à la grève pour son retrait et par l’acceptation par les partis de « gauche » du principe d’une « réforme nécessaire ».
En ce début 2011, le gouvernement Sarkozy-Fillon veut poursuivre les contre-réformes et engager un plan de destruction d’une gravité sans précédent, dicté par l’Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) :
• par le démantèlement de la Sécurité sociale, dont le Medef exige que les bases de 1945 soient liquidées, au travers de l’instauration du risque « dépendance » ;
• par la liquidation totale du statut des fonctionnaires, pilier des institutions républicaines, se combinant à la poursuite de la liquidation en masse des services publics, particulièrement de l’école, des hôpitaux et de La Poste (privatisée depuis le 1er janvier de cette année) ;
• par la remise en cause des droits collectifs de la classe ouvrière, les statuts comme les conventions collectives, et la généralisation de la précarité et de l’individualisation, dans le privé comme dans le public, en application de la loi du 20 août 2008 sur la représentativité syndicale (le gouvernement prétend associer les organisations syndicales à ces plans destructeurs et leur imposer, au nom du « dialogue social », de renoncer aux revendications ; il propose pour ce faire un « agenda social ») ;
• par l’application des mesures européennes dans l’agriculture, la viticulture et la pêche qui font disparaître les petites exploitations au bénéfice des multinationales ;
• par la réforme territoriale qui poursuit le démantèlement de l’unité de la République via notamment les agences régionales de santé et autres institutions. Dans le même temps, le chômage grandit, la misère s’étend. La jeunesse se voit privée de tout avenir.

 

NON AU CONSENSUS ! LA DETTE N’EST PAS CELLE DU PEUPLE !


Ce véritable basculement de société est provoqué par la crise de décomposition du régime capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production. Une crise que le FMI, la Banque mondiale,l’Union européenne veulent mettre à profit pour les spéculateurs et les banques. La menace de la dette est brandie pour mieux piller et disloquer les nations et détruire les droits et garanties des masses ouvrières. Il faut le dire clairement : cette dette n’est pas celle du peuple. A l’heure où, en France comme Europe et dans le monde entier, les travailleurs et les peuples se dressent contre les plans de rigueur dictés par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Union européenne, un mot d’ordre est à l’ordre du jour : non à la dette, annulation de la dette !
Pour le Parti ouvrier indépendant, il n’y a rien de plus urgent, de plus décisif pour l’avenir du peuple travailleur que de rassembler les conditions d’une résistance victorieuse à ces plans de destruction. Seule une mobilisation unie permettra d’arrêter le bras meurtrier du gouvernement Sarkozy-Fillon.
Mais, pour pouvoir engager cette contre-offensive, il faut répondre à une question : cette politique qui a dressé contre elle des millions de travailleurs en grève et en manifestation pourrait-elle s’appliquer si elle ne s’appuyait pas sur la position des dirigeants des partis (Parti socialiste, Parti communiste et Parti de gauche) qui affirment pourtant représenter les intérêts du peuple ?

 

RUPTURE AVEC LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT !


Hier, ceux-ci ont approuvé le principe d’une « réforme nécessaire » et refusé d’exiger le retrait de la contre-réforme Woerth. Aujourd’hui, les uns et les autres placent leurs promesses « d’alternance » pour 2012 dans le cadre du respect de l’Union européenne et de ses institutions. Les dirigeants du Parti socialiste, sans exception, reconnaissent le cadre des diktats de la Banque centrale européenne exigeant des politiques de rigueur pour « réduire la dette ». Au point que le dirigeant et président PS du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg, déclare : «  Les départements sont en grave difficulté financière, j’ai été obligé de prendre des décisions un peu à la grecque, à la Papandréou, avec des diminutions drastiques des dépenses et des augmentations excessives des impôts pour sauver mon département. Jeme sens un devoir de poursuivre cette oeuvre. »
De son côté, au nomdu Parti communiste, Patrice Bessac déclare : «  Sortir de l’euro et de l’Union européenne serait absolument désastreux pour les travailleurs. » Dans les régions et les départements qu’ils dirigent, les responsables de ces partis remettent en cause eux-mêmes les services publics et les conquêtes sociales de la population au nomde la «  réduction des déficits publics ».
Au même moment, Fillon déclare que «  l’essor du dialogue social exige aussi qu’on laisse aux partenaires sociaux toute la place pour engager ou pour accompagner les réformes ».Dans tous les secteurs, le mouvement syndical est soumis aux plus grandes pressions pour accompagner les contreréformes au nom de la «  nécessaire réduction des déficits publics » (communiqué de l’intersyndicale du 29 novembre 2010).
La responsabilité de la situation incombe donc bien aux dirigeants des organisations qui s’engagent dans l’accompagnement de ces contre-réformes au nom de la « réduction des déficits publics » et du paiement de la dette. Une dette qui procède directement du pillage des ressources du pays (rendu possible notamment par le traité de Maastricht) par les fonds spéculatifs, les banques et autres instruments du capital financier. Au titre de cette dette, dont le montant approche l’équivalent du PIB du pays, les spéculateurs empochent plus de 50 milliards d’euros d’intérêts par an (deuxième budget de l’Etat) !
La responsabilité de la situation renvoie également au consensus politique qui, depuis les années 80, fait de la « compétitivité de l’économie » l’objectif prioritaire au nom de la « défense de l’emploi ». Consensus qui a vu les gouvernements successifs de droite et de “gauche”multiplier les décrets, lois et ordonnances instaurant la déréglementation sociale, la dérégulation financière et donnant une grande liberté d’action à la finance.
Pour quels résultats ?
7,5millions de travailleurs sont privés d’emplois, 20% des salariés gagnent moins ou tout juste le SMIC et plus de 9millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Ce qui appelle une clarification : le gouvernement Sarkozy-Fillon provoque un immense rejet, les travailleurs et le peuple veulent en finir avec sa politique. Mais ce que certains appellent « l’alternance » ce n’est pas cela. « L’alternance » consiste à remplacer un gouvernement de droite par un gouvernement de “gauche” qui accepterait, à l’identique, les plans de rigueur de l’Union européenne et du FMI. Il suffit de regarder comment les gouvernements « socialistes » – Socrates au Portugal, Zapatero en Espagne et Papandréou en Grèce – imposent les mêmes plans anti-ouvriers que ceux du gouvernement Sarkozy-Fillon.
Voilà pourquoi le Parti ouvrier indépendant déclare : ce qu’il faut, ce n’est pas l’alternance mais la rupture avec la politique du gouvernement Sarkozy-Fillon. Et donc la rupture avec l’Union européenne et l’euro, l’abrogation des traités de Maastricht, Lisbonne, Amsterdam et des institutions antidémocratiques de la Ve République.
Ce qui implique : non au chantage de la dette (qui doit être annulée), aucun consensus pour accompagner les mesures de rigueur et les contre-réformes !

 

QUI IMPOSERA LES MESURES D’URGENCE QU’APPELLE LA SITUATION ?


Le POI estime que la situation appelle des mesures d’urgence de sauvegarde du peuple travailleur. Des mesures d’urgence que constitueraient l’interdiction des licenciements, l’arrêt des privatisations, l’arrêt de tous les plans de suppression d’emplois dans la fonction publique, l’école, les hôpitaux, le rétablissement de la Sécurité sociale sur ses bases de 1945 avec l’arrêt de toutes les exonérations patronales, le blocage des prix, etc.
Qui imposera de telles mesures d’urgence ? Un gouvernement porté par la mobilisation des exploités et des opprimés, un gouvernement qui déciderait de rompre avec les diktats des capitalistes et des banquiers, un gouvernement qui n’hésiterait pas à décréter : cette dette n’est pas la nôtre, nous ne la reconnaissons pas, nous l’annulons, un gouvernement qui, à cet effet, n’hésiterait pas à nationaliser sans indemnité ni rachat les banques et les grands groupes financiers et déciderait par conséquent d’affecter toutes les sommes aujourd’hui utilisées pour la spéculation au service d’un plan de relance et de reconstruction du pays.
Un tel gouvernement devrait établir les bases réelles de la démocratie répondant aux besoins du peuple. Il serait libre de convoquer une véritable assemblée constituante par laquelle les délégués du peuple définiraient eux-mêmes ce que doit être la démocratie émancipée des exigences des banquiers, des spéculateurs et des prévaricateurs.
C’est parce qu’il défend cette perspective que le POI soutient la résolution adoptée le 11 décembre 2010 à la conférence nationale de délégués tenue à son initiative, résolution qui affirme : « Pas question d’accepter le chantage à l’inéluctable “nécessité” de la réduction des déficits publics au nom d’un prétendu“intérêt général” orchestré par le FMI et l’UE.Pas question d’accepter les plans d’une violence inouïe qui frappent de plein fouet l’Irlande, le Portugal, la Grèce... et nous menacent tous.Rien ne doit être sacrifié aux exigences du paiement de la dette. C’est pourquoi nous refusons de nous plier à la “nécessaire réduction des déficits publics” prônée par le communiqué de l’intersyndicale du 29 novembre et correspondant aux souhaits du Premier ministre, qui représente le franchissement d’un pas dans la voie du “consensus” pour accompagner les contre-réformes et les plans de rigueur. »

 

RENFORCER LE PARTI OUVRIER INDÉPENDANT, C’EST RENFORCER LE COMBAT POUR UNE ISSUE POSITIVE CONFORME À LA DÉMOCRATIE


Dans la situation difficile que connaît le pays, il faut s’attacher à résoudre la contradiction entre, d’une part, la volonté de combat de la classe ouvrière qui a été démontrée avec force et éclat lors de la mobilisation sur les retraites ; et d’autre part, la politique des dirigeants des partis qui se prétendent porteurs des aspirations du peuple mais tournent le dos à la volonté de rupture, de combat et de changement véritable qui, dans tous les mouvements de lutte de classe, ne cesse de s’exprimer.
C’est pourquoi le Parti ouvrier indépendant considère légitimes et indispensables lamobilisation et l’action sur toutes et chacune des revendications, celles des travailleurs dans leur lutte de classe, pied à pied, contre le patronat et les spéculateurs, comme celles de la population pour la défense des services publics, contre la fermeture des hôpitaux, des écoles, contre les augmentations d’impôts locaux, etc.
C’est sur cette orientation que le Parti ouvrier indépendant entend jouer son rôle dans l’aide à la mobilisation sur le terrain de la lutte de classe pour la défense et la reconquête des droits et de la démocratie.
C’est sur cette même orientation que le Parti ouvrier indépendant présentera des candidats aux élections cantonales. Des candidats porteurs des revendications pour défendre et reconquérir les services publics, les droits, les acquis souvent remis directement en cause par les responsables des conseils généraux et régionaux dirigés par le PS et le PCF.

Le Parti ouvrier indépendant vous invite à participer aux réunions publiques qu’il organisera dans les localités et les cantons.
Il vous invite à rejoindre ses rangs pour préparer son IIIe Congrès qui se tiendra les 27, 28 et 29 mai 2011 à Paris.

NON AUX PLANS DE RIGUEUR ET AUX CONTRE-RÉFORMES !
AUCUN CONSENSUS AVEC LE GOUVERNEMENT ET LES REPRÉSENTANTS DES BANQUIERS, DES SPÉCULATEURS ET DES CAPITALISTES !
NATIONALISATION DES BANQUES ET DES SECTEURS CLÉS DE L’INDUSTRIE !
ABROGATION DE TOUTES LES CONTRE-RÉFORMES À COMMENCER PAR LA CONTRE-RÉFORME DES RETRAITES !
LA DETTE N’EST PAS CELLE DU PEUPLE ! NON AU CHANTAGE DE LA DETTE !
ANNULATION DE LA DETTE !
RUPTURE AVEC L’UNION EUROPÉENNE ! RUPTURE AVEC L’EURO !
RECONQUÊTE DE LA DÉMOCRATIE !

Le Parti ouvrier indépendant invite tous ceux – militants syndicalistes, militants politiques, travailleurs sans parti, jeunes –, qui ont participé à ses cotés aux combats pour l’interdiction des licenciements et, plus récemment, pour le retrait de la contre-réforme des retraites, à participer aux discussions autour de l’hebdomadaire Informations ouvrières diffusé par les adhérents du POI qui relate et soutient chaque semaine le développement de ses campagnes.
Informations ouvrières, tribune libre de la lutte des classes, est le trait d’union permanent de tous ceux et celles qui, quelle que soit leur origine politique, sont d’accord pour se regrouper partout où la situation l’exige – au niveau de l’entreprise comme au niveau local – pour discuter et décider des mesures pour résister aux plans anti-ouvriers du gouvernement et des spéculateurs et pour coordonner leur combat avec celui des comités du Parti ouvrier indépendant.

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