Edito IO N° 146

Publié le par christian

Responsable ?

 

François Baroin est ministre chargé du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat. A ce titre, il vient d'adresser à chaque contribuable une lettre où il exprime sa fierté de présenter son « budget responsable » qui permet «une réduction historique de notre déficit ». La lettre du ministre présente un schéma censé répondre à la question : «  A quoi servent nos impôts ? » Il y apparaît que les intérêts versés au titre de la dette s'élèvent pour 2011 à 45,4milliards d'euros.

Responsable, donc, la politique qui verse 45 milliards d'euros d'intérêts aux

spéculateurs… et qui supprime 16 000 postes dans l'Education nationale cette année, et 100 000 postes de fonctionnaires en trois ans (moins de 5 milliards d'euros suffiraient à les restituer) ?

Responsables, le blocage des salaires, les fermetures par dizaines de milliers de lits dans les hôpitaux, des bureaux de poste dans nos villages, des écoles, des services publics, des centres de Sécurité sociale ? Responsable, le démantèlement des retraites et de la protection sociale ?

Au Parti socialiste, on cultive un même sens des responsabilités. Consciencieusement, les députés de ce parti amendent le projet de réforme constitutionnelle, qui veut graver dans le marbre la rigueur dictée par l'Union européenne, se présentant comme les plus capables de «  réduire à la fois les déficits, la dette publique et les prélèvements obligatoires » (1).Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, est tout aussi « responsable » et décrète «  indispensable (…) la maîtrise des budgets et la réduction des déficits publics  » pourvu que soient préservés « les capacités d'investissement et les budgets sociaux » (2).Tu parles…

Pour tous ces gens-là, être «  responsable  », c'est adorer un même dieu, celui du

paiement de la dette et des déficits publics, et lui sacrifier acquis et conquêtes de la classe ouvrière, et services publics. Etre «  responsable », pour tous ces gens là, c'est s'inscrire dans la logique de la réforme constitutionnelle, que les uns soutiennent et les autres amendent.

Une véritable union sacrée se noue autour du recours à l'arme de destruction massive de la dette et des déficits publics, arme de destruction massive des emplois et des services publics, de la démocratie politique et de l'indépendance des syndicats, arme de destruction massive du droit à défendre en toute indépendance les revendications ouvrières.

Pour la classe ouvrière, pour ceux qui n'ont qu'un maigre revenu pour vivre et faire vivre leur famille, la notion de « responsable  » ne se conjugue pas de la même manière que pour la classe capitaliste. Rappelons que pour l'essentiel, la « dette », contractée pour renflouer les spéculateurs, est détenue par les fonds spéculatifs eux mêmes. Rappelons qu'aux 45 milliards d'intérêts de la dette inscrits dans le budget cette année s'ajoutent plus de 100milliards d'euros d'exonérations sociales et fiscales pour les patrons.

Alors, pour la classe ouvrière, ce qui est responsable, c'est de défendre ses droits, ses garanties. Ce qui est responsable, c'est de combattre toute subordination de ses organisations aux déficits publics, à leur réduction et au paiement d'une dette qui n'est pas celle du peuple. Pour la classe ouvrière, ce qui est responsable, c'est le combat, maintenant, tout de suite, pour le rejet de la réforme constitutionnelle. C'est ce qu'affirment les 14 000 premiers signataires de l'appel initié par le POI.

 

 

(1) Amendement à l'Assemblée nationale, exposé des motifs. (2) Rapport au conseil national du PCF, avril 2011.

 

Daniel Gluckstein Secrétaire national

du Parti Ouvrier Indépendant

 

 

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