L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES n°129

Publié le par christian

Oui : sortir de l’euro !

Vendredi 17 décembre : alors que le sommet européen adopte un énième plan de sauvetage de l’euro (et donc un énième train de mesures anti-ouvrières (lire pages 2 et 3), un sondage IFOP nous apprend qu’en France une majorité d’ouvriers et d’employés se prononcent pour l’abandon de l’euro. Les commentateurs avisés et distingués crieront sans doute à la « ringardise » ouvrière… 19 décembre : le dirigeant PS Arnaud Montebourg critique le Fonds monétaire international (FMI). Mais sur l’Union européenne  : silence... La dénonciation du FMI servirait-elle à régler des comptes entre « camarades » ? Bien loin de ces jeux d’appareil, l’ouvrier se pose la question : «  L’Union européenne ne jouerait-elle aucun rôle dans les plans meurtriers ? Pourquoi les dirigeants socialistes refusent-ils de l’évoquer  ? »
Ouvriers, vous n’y comprenez rien, leur répond Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, pour qui «  la sortie de l’euro prônée par certains ne serait pas une solution » (1). Le même Pierre Laurent, dans une autre déclaration, appelle à une « réorientation des missions de la Banque centrale européenne pour faire reculer la toute puissance des marchés ». C’est vrai : si la souris pesait plusieurs tonnes, avait des défenses d’ivoire et une longue trompe, on l’appellerait éléphant. Seulement, il n’y a pas plus d’attributs du pachyderme chez la souris qu’il n’y a dans la BCE la moindre capacité de défendre les intérêts ouvriers et populaires. L’ouvrier sait que Banque centrale européenne et euro ont été fondés dans le seul objectif de baisser le coût du travail, d’en faire la seule variable d’ajustement. Il suffit à l’ouvrier de mesurer l’effondrement de son pouvoir d’achat pour le vérifier.
Vous n’y connaissez rien, leur rétorque la mal nommée Confédération européenne des syndicats qui revendique de l’Union européenne qu’elle garantisse « l’emploi élevé, une forte cohésion sociale et régionale  » (2). Par expérience, l’ouvrier et l’employé savent bien que l’Union européenne, l’euro, la BCE, c’est la privatisation, la délocalisation, la fermeture des usines, la destruction des emplois, la précarité des jeunes générations.
Hermétiques à la prétendue «  modernité  » destructrice, ouvriers et employés persistent dans leur rejet de l’euro. Ils constatent qu’à peine fini le sommet européen, les agences de notation continuent leur chantage, menaçant de dégrader la notation de la France pour exiger encore plus de mesures anti-ouvrières et de nouvelles contre-réformes auxquelles il va bien falloir s’opposer. Ils constatent que, pour cela, il va falloir briser le consensus de ceux qui, aux sommets des organisations politiques de « gauche » ou des organisations syndicales, font bloc pour sauver l’euro et satisfaire à la « nécessaire réduction des déficits publics ». Briser le consensus ouvrirait ainsi la voie au blocage de toutes les contre-réformes, la voie de la rupture libératrice d’avec l’Union européenne et l’euro. Ringards à souhait les ouvriers, diront les commentateurs distingués des salons où l’on cause.
Comme ils le disent du Parti ouvrier indépendant qui, fidèle aux traditions d’indépendance politique et financière du mouvement ouvrier, persiste à éditer ses cartes afin que les adhérents payent leurs cotisations, et assurent l’indépendance de leur Parti.
Amis lecteurs, si vous en partagez l’objectif, le moment n’est-il pas venu pour vous aussi de prendre votre carte 2011 ?

Daniel Gluckstein
Secrétaire national du POI

(1) L’Humanité, 17 décembre. (2) Communiqué du 16 décembre.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article