Non à la contre-reforme des Lycées

Publié le par christian

« Non-réforme », « réformette », « réforme allégée », « banalités », voilà ce que disent certains commentateurs à propos des annonces du président Sarkozy concernant la réforme du lycée. Il n’en est rien ! Les mesures évoquées risquent d’emporter ce qui reste de solide dans l’enseignement offert aux jeunes dans nos lycées. La principale – le président de la République l’a rappelée explicitement en disant qu’un fonctionnaire sur deux ne serait pas remplacé –, c’est la décision de supprimer 16 000 postes d’enseignants à la rentrée 2010. Après les 13 500 de cette année, les 11 000 de l’année précédente... les 100 000 de ces cinq dernières années dans l’Education nationale.  On comprend alors pourquoi cette « nouvelle » mouture de réforme du lycée, parle d’« accompagnement individualisé » des élèves de seconde. Pour « accompagner », il n’est pas nécessaire d’être professeur : le président a omis de dire que des dizaines de milliers d’étudiants allaient être envoyés, dès cette année, dans les classes, pour se substituer aux professeurs manquants... C’est ce qu’on appelle la « masterisation », contre laquelle des milliers d’universitaires se sont mobilisés l’an passé. Quand on sait que la plupart des classes de seconde comportent plus de 35 élèves à cette rentrée, rendant impossible la tenue des cours proprement dits, l’évocation de cet « accompagnement individualisé » est une véritable provocation. On comprend aussi pourquoi il sera fait appel à des « locuteurs natifs » c’est-à-dire des étudiants étrangers pour apprendre les langues... en lieu et place des professeurs de langue. On comprend pourquoi il est question de valider – pour le bac ? – toutes les activités culturelles, sportives et même associatives effectuées en dehors de l’école par les lycéens, donc sans professeurs d’EPS, sans professeurs d’arts plastiques ni d’éducation musicale... Que vaudra le diplôme dans de telles conditions ? On comprend enfin pourquoi les jeunes sont invités à choisir eux-mêmes leur orientation, en discutant avec leurs professeurs pendant les heures de cours, faute de conseillers d’orientation qualifiés qu’on ne recrutera plus... En un mot, c’est un lycée ravagé, disloqué, dans lequel « moins on a de cours, moins on a de professeurs et mieux on se “forme” » ! Mais à quoi prépare-t-on les jeunes avec un tel baccalauréat totalement discrédité, si ce n’est à une vie sans vrai travail, sans vrai salaire. La gravité de ces annonces doit être mesurée par tous ceux qui veulent défendre l’enseignement public et l’avenir de la jeunesse. Cette contre-réforme ne doit pas s’appliquer. L’an dernier, les enseignants unis dans les assemblées générales autour de leurs revendications ont déjoué le piège des «  points de convergence » qui visaient à associer les syndicats à l’élaboration et la mise en œuvre de la réforme Darcos des lycées. Celle-ci fut retirée. L’unité qui a permis de faire reporter la précédente doit obtenir le retrait de celle-ci.
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